Entrez dans le monde médiéval-fantastique de Gloire et Honneur.


    Les rives du port

    Partagez
    avatar
    Agil Lothendan
    Niveau 1

    Messages : 26
    Date d'inscription : 24/02/2011
    Age : 24

    Les rives du port

    Message par Agil Lothendan le Lun 21 Mar 2011 - 23:47

    Post 1
    Agil Lothendan

    Sur le bateau, l'atmosphère était humide à l'aube. Le frêle trois-mat volait sur les flots, poussé par un vent d'ouest puissant et rejoint depuis peu dans sa traversée par de ces oiseaux noirs et blancs qui suivent habituellement les bateaux de pèche. Le vent béni pour sa force exceptionnelle ces jours-ci mordait toutefois les passagers regroupés à l'avant du bâtiment. Ils étaient peut-être une quinzaine, majoritairement des hommes, tous recroquevillés sur eux-même et régulièrement rincés par le soulèvement des vagues qui s'invitaient à bord. Il devait y avoir des marchants sans doute, des personnes qui avaient chacune leur raison de migrer vers ailleurs. Les gens ne se regardaient pas dans les yeux, ne communiquaient pas ni ne se touchaient. Surement maudissait-ils intérieurement tous ces riches seigneurs qui déjeunaient à l'intérieur des cabines en ce moment-même, qui ne salissaient pas leur vêtements à la mode et causaient joyeusement de politique avec le capitaine du navire. Le tarif que tous avaient payés était plutôt élevé mais la réputation du Baleineau (ainsi s'appelait le bateau) était bonne. Il était sûr et rapide et sa clientèle généralement honnête.
    A l'avant, se trouvait parmi le peuple, un noble personnage qui aurait peut-être dû profiter de plus de confort en temps normal, mais qui était cette fois assis sur le pont glissant, comme les autres, entièrement recouvert de son manteau qui ne suffisait plus depuis longtemps à l'isoler de l'eau, omniprésente et glaciale. Comme les autres il grelotait. Lui n'avait pas vomi par dessus le bord ni consommé d'alcool pour contrer le mal de mer mais sentait le tournis le prendre. Comme la nuit disparaissait tout juste, l'homme se leva et se tourna vers la pointe du navire.
    Là à quelques minutes à peine surgissait de la lumière du soleil levant, Port-Pergas, qui resplendissait. On aurait dit que les rayons provenaient de la ville elle-même, elle se réfléchissait sur le miroir de la mer troublée. Les rayons solaires, eux, traçaient comme une route jusqu'aux portes du continent.

    Comme il avançait sur la passerelle entre le Baleineau et Norgod, Agil prit une importante bouffée d'air. Il mit les deux pieds à terre et observa un instant l'agitation autour de lui. Des ouvriers s'attelaient à débarquer ou à embarquer des marchandises, l'on marchandait, l'on s'engueulait et seul le seigneur Amrésien était immobile parmi le tumulte. Il était trempé des pieds à la tête, avait froid et ignorait où aller. Aussi s'assit-il sur une bitte d'amarrage pour réfléchir et attendre un signe de Mörken qui l'avait fait venir jusque-là non sans raison, imaginait-il.
    avatar
    Armand De Réas
    Niveau 2

    Messages : 117
    Date d'inscription : 28/10/2010

    Re: Les rives du port

    Message par Armand De Réas le Mar 22 Mar 2011 - 14:16

    Post 1
    Armand De Réas

    Port-Pergas !

    En passant les portes de la cité, Armand ne put s'empêcher d'éprouver une certaine satisfaction. La satisfaction de celui qui a la sensation d'être sur le point de reprendre en main le fil de son destin.

    Depuis près d'un an, il était resté auprès de sa famille à Réas, son hameau natal. Il avait retrouvé ses 4 frères et soeurs ainsi que sa mère, difficilement consolable après la mort soudaine de son époux. Armand avait éprouvé un temps une certaine nostalgie en remettant les pieds sur les lieux de son enfance. Chacun de ses pas avait ressuscité des souvenirs égarés par les années : des goûts, des odeurs, une quantité de détails rappelé à sa mémoire.

    Dans la journée, il écoutait les oiseaux, se baladait dans la campagne environnante et aidait son frère aîné lorsque l'occasion se présentait. Lors des longues soirées d'hiver, il retrouvait sa famille auprès de la cheminée et leur racontait ses aventures maritimes en prenant soin de passer à la trappe les quelques détails sanglants et de n'enjoliver qu'avec parcimonie le récit de ses exploits. Sa plus jeune soeur, âgé de 15 ans, ne se lassait jamais de poser de nouvelles questions, et ils se retrouvaient souvent tous deux à parler d'aventures de plus en plus extraordinaire et de moins en moins véridique jusque tard dans la nuit.
    Son frère aîné était désormais le digne descendant de son père et perpétuait avec honneur la lignée De Réas. Il avait hérité du petit hameau et comptait bien en faire un "lieu incontournable". Dans cinq ans, disait-il, les marchands de la région se presseraient pour vendre leurs biens à Réas. A l'entendre, on pouvait presque croire que la route royale reliant Port-Pergas à Vieilletombe, distante de plusieurs dizaines de kilomètres, serait détourné demain pour passer par le petit village. Son enthousiasme était contagieux. Mais peu crédible. La région était peu peuplé si on exceptait les bêtes sauvages, la mer était à un jour de marche, et il n'y avait pas de réel artisanat local susceptible d'attirer les marchands des grandes villes.
    Armand acquiesçait aux propos de son frère en se disant qu'il ne faisait par là que perpétuer la tradition des De Réas. Celle qui voulait qu'un jour les De Réas regagnerait leur place dans l'Histoire.

    Mais le silence de la forêt environnante et l'absence de population bruyante commençait à se faire sentir. Aux souvenirs nostalgiques initialement ressentis, succédèrent la réalité d'un quotidien peu palpitant.
    L'hiver prit fin et Armand se prépara sans regret au départ.
    Il fit ses adieux à sa famille, et un peu plus longtemps à sa jeune soeur qui insistait pour partir avec lui, puis quitta le hameau familial et commença son voyage.
    Plus il se rapprochait de Port-Pergas, plus il redevenait lui-même.

    Jusqu'à ce jour où il franchit les portes de la cité, le sourire aux lèvres.
    En parcourant les rues de la cité, il retrouvait ses marques, retrouvait les lieux qu'il avait souvent fréquenté entre deux appareillages. Ses pieds le menèrent naturellement vers le port où les pêcheurs s'activaient pour décharger leurs poissons. Il retrouvait l'activité bourdonnante des grandes villes qui lui plaisait tant. Il retrouvait l'odeur du sel, du poisson frais et des algues séchées. Il retrouvait le cri des mouettes volant à quelques mètres au-dessus du sol et celui des dockers qui s'activaient en tout sens.

    Il observa un moment un bateau qui venait de s'arrimer : Le baleineau. Celui-ci battait pavillon Amrésien. L'équipage déchargea sans plus attendre ses marchandises et les passagers quittèrent rapidement le pont du bateau avant de s'engouffrer dans les rues de Port-Pergas.
    Tous, sauf un.

    Un homme parmi les passagers s'était arrêté sur le quai, visiblement sans but et trempé de la tête aux pieds. Il émanait de celui-ci une grande quiétude qui contrastait avec l'agitation qui régnait autour de lui. Ses vêtements étaient de factures médiocres et pourtant, Armand se surprit à penser que cette tête était faite pour porter une couronne. Armand ne put détacher ses yeux, intrigué. Et lorsque celui-ci croisa son regard, Armand détourna les yeux, vaguement gêné de le détailler de la sorte.
    Il hésita un instant à aller demander à l'étranger des nouvelles fraîches d'Amrésia, mais se ravisa, se rendant soudain compte qu'il était sobre depuis trop longtemps et qu'il avait sérieusement besoin de remédier à ce problème avant de revenir à la civilisation.
    Il ne connaissait qu'un endroit où il put résoudre ce problème dans les règles de l'art à cette heure matinale. L'un des pires bouges présent sur le port.

    Armand se dirigea donc vers l'Auberge du Gai Albatros.

    Post Suivant
    avatar
    Brisecous
    Grand Manitou

    Messages : 403
    Date d'inscription : 02/10/2010

    Feuille de personnage
    Mes dispos: Aucun
    Style de rp : Indécis

    Re: Les rives du port

    Message par Brisecous le Mer 23 Mar 2011 - 19:19

    Agil s'ennuyait, assis au bord des docks, regardant les passants d'un oeil morne. Il vit, entre autres, passer un homme à la démarche assurée, qui malgré sa taille moyenne, ses vêtements communs et ses cheveux bruns tout ce qu'il y a de plus passe-partout, irradiait une confiance en lui qui avait quelque chose d'aristocratique. En initié aux mystères de Mörken, Agil se dit que cet homme recelait plus que ce qu'il semblait être. L'homme se dirigea vers une taverne animée et y entra, à trois-quarts remplie en cette fin d'après-midi.

    [...]

    Quelques temps passèrent, Agil toujours assis sur sa bitte, rendu à moitié somnolant par les heures qui s'égrènent. Il rêvait, plongé dans le sommeil, à des prairies, à des montagnes, à une pierre à moitié couchée quelque part dans les Monts du Nord...

    Soudain, il fut réveillé en sursaut par un vacarme et des cris en provenance de la taverne, tandis que visiblement une bagarre de grande ampleur venait de commencer.

    [Si tu décides d'entrer dans la taverne, quand tu y entres la bagarre est déjà commencée. Tu as actuellement de l'avance en temps relatif sur les autres joueurs. Tu dois donc attendre d'abord que les autres membres postent une réponse à mon dernier message sur le sujet avant d'intervenir]


    _________________
    Moi aussi j'ai un blog !
    avatar
    Agil Lothendan
    Niveau 1

    Messages : 26
    Date d'inscription : 24/02/2011
    Age : 24

    Re: Les rives du port

    Message par Agil Lothendan le Jeu 24 Mar 2011 - 0:32

    Post 2
    Agil Lothendan

    Des images apparaissaient à Agil, somnolant et solitaire au milieu de l'agitation ambiante. Il voyait des prairies immenses et fleuries, et par delà ce pays, des montagnes acérées qu'il identifia immédiatement aux Monts du Nord, montagnes qu'il ne connaissait qu'à travers les ouvrages lus dans sa jeunesse. Il entendait le vent qui sifflait entre la roche fracturée de ce paysage désolé puis il vit une pierre à moitié couchée sur laquelle il aurait voulu concentrer son attention si cependant des cris et un bruit du bois qui éclate ne l'avait pas brutalement sorti de sa torpeur. Le vent sifflait toujours mais les mouettes chantaient. Les cris provenaient visiblement de l'auberge dont l'enseigne indiquait "Auberge du Gai Albatros".
    Sans trop savoir pourquoi, le chevalier Amrésien entra dans cette auberge. Surement était-il inconsciemment attiré par le tumulte qui régnait à l'intérieur. Il ne savait guère quoi faire d'autre après tout. Esquivant un jet de bouteille en ouvrant la porte, il franchit le seuil d'un pas décidé, un peu déphasé, tachant de garder à l'esprit le rêve qui lui sembla important pour la suite de son aventure.

    Suite

    Contenu sponsorisé

    Re: Les rives du port

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Mar 26 Sep 2017 - 9:18